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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 00:00

 

 

 

Le plombier arrive avec sa grande musette en ferraille, ce qui me sauve la mise pour l’instant.
- Alors, madame il n’est pas sage votre fils ?, Expliquez-moi ce problème de chasse d’eau.
- Il va me faire devenir chèvre ce bandillo, venez voir, elle coule tout le temps et toi vas te laver et surtout, que je ne t’entende pas.
- Avez vous un escabeau, madame ?
Le plombier grimpe sur le marche-pied, soulève le capot en fonte de la chasse. Une grosse moue envahie son visage :
- C’est vraiment un bandillo votre fils, j’avais encore jamais vu ça….
Il tient entre ses doigts un manche en bois d’où pendouillent des lanières de cuir en décomposition
- Que zako ?
- Un martinet madame, un martinet, mais vous pouvez en acheter un autre parce que celui la« esta echo polvo. »
- Mais, il me les fera toutes aujourd’hui !
- Aujourd’hui, non parce que vu l’état de l’engin, ya un moment qu’il marine la dedans. Voilà c’est réparé.
- Et je vous dois ?
- Rien du tout pour cette fois
- Au moins une petite anisette ?
- Allez, mais vite fait
Maman s’est calmée, le martinet gît lamentablement sur la toile cirée, ma cane à pêche, cassée en mile morceaux encombre la poubelle.
- Maman…
- Toi, tais-toi, ce soir une tasse de caldico no te canses y à dormir, demain je téléphone à tata Juliette et tu vas finir les vacances à Saint Maur, la bas il n’y a pas de port et toujours quelqu’un pour te surveiller et puis je m’occupe des pères blancs pour la rentrée.
Le “caldico no te canses” traduit mot à mot « la soupe sans se fatiguer ».
C’est bien rare que maman utilise les soupes toutes prêtes en sachet, mais elle y ajoute des vermicelles, cheveux d’ange, et l’estomac est ainsi bien calé.
A son tour ma sœur rentre du boulot.
- Tu es bien sage, mon René, C’est quoi tout ce désordre, ya eu un terremoto ou quoi ?
Bonsoir, maman, bonsoir monsieur, alors cette chasse elle avait quoi ?
- Demandes à ton frère qui a horreur du désordre et qui avait rangé méticuleusement le martinet.
- Ca ne m’étonne pas de toi, grand bandit ! Mais tous ces bouts de roseau c’est quoi ?
- C’est ce qu’il reste d’une cane à pêche à qui j’ai enlevé le goût d’aller vagabonder au port.
Le plombier est parti, je prends un slip et un tricot propres et je m’éclipse au cabinet de toilettes.

 

 

 

 

 

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