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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 16:49

 

 

 

 

 

L’été s’effiloche doucement, les jours raccourcissent, mais la chaleur est toujours présente et le spectacle de la rue permanent.

A sept heures Djilali ouvre le bal, il vend l’écho d’Oran et livre ses clients d’une façon peu orthodoxe, mais très efficace.

Il plie le journal en quatre dans le sens de la longueur, puis en trois et rejoins les deux bouts en force, ce qui fait du quotidien une masse compacte qu’il lance avec adresse et dextérité dans le balcon de ses abonnés, pas une fois le projectile ne rate sa cible, pas une fois il ne retombe à terre.

Huit heures, Mourad et son petit âne gris font leur apparition, ils viennent livrer l’asparagus pour le fleuriste Primavera.

L’âne disparaît presque sous sa précieuse cargaison, Mourad est un artiste du chargement et cela tient du miracle qu’autant de rameaux tiennent sur ce pauvre bourricot.

Mourad ne toque pas à la porte, il attend stoïquement que le fleuriste vienne prendre livraison du précieux asparagus qui donnera la touche finale à tous les bouquets.

L’âne délesté de son fardeau et Mourad disparaîtront aussi discrètement qu’ils sont venus.

remouleur

Neuf heures Manolo le rémouleur et son étrange attirail abordent à leur tour la rue, Manolo ne signale pas sa présence de quelque cri que se soit, sa ponctualité vaut tous les cris du monde.

Premier arrêt à la boucherie chevaline en un tour de main et sans la moindre étincelle les énormes couteaux retrouvent le tranchant qui facilite la vie du boucher.

Deuxième arrêt pour affûter les mèches de précision de l’atelier de rectification, puis c’est Roger le fils du bottier qui présente les outils de son atelier connu dans tout Oran. Le père Sultan est passé maître dans l’art de chausser tous les gens qui ont des problèmes de pied.

Le fleuron de sa clientèle est l’évêque d’Oran et c’est pour lui une excellente publicité.

D’étranges formes garnissent les étagères de l’arrière boutique, ce sont tous les pieds tordus, enflés, bots, déformés de la ville qui s’alignent dûment répertoriés et étiquetés..

C’est ensuite au tour de la couturière de mon immeuble, spécialiste des robes de mariée ces ciseaux sont de précieux partenaires pour la réalisation des chefs d’œuvres d’un jour, Manalo et sa meule font merveille pour la précision des lames.

Puis c’est le défilé :

Ahmed et son âne qui traîne nonchalamment un chouari plein à raz bord de figues de barbarie, lui par contre hurle à tue tête : » Tchumbo, higo de pala higo ».

Je me saisis d’une passoire :

-         Deux douzaines s’il vous plait

Ahmed sort son couteau, prend les fruits à pleine main, insensibles aux épines, un coup de lame sur le dessus de la figue, un autre sur le dessous et une incision sur toute sa longueur avec ses deux pouces il écarte la peau qui laisse apparaître un délice de couleur orange.

figue barbarie small

La passoire est vite pleine.

-         Deux de plus pour toi mon fils, deux pièces de cent sous et on est quitte et ontoncion de pas les manger d’un coup sinon tu vas attraper le bouchon.

Diego le gitan, lui sait tout faire, c’est un multi cartes, tondeur de chiens, rempailleur de chaises, vendeur de grilles pour cuire le poisson, matelassier….aussi ses annonces publicitaires sont vastes et variées :

-Asoble, asoble ; el sillero, el tondeur de ciens pélés, colchon nuevo….

Il n’a guère de succès aujourd’hui et passe son chemin en continuant à vociférer ses annonces.

Le marchand de pains de glace lui est très couru, il débite les morceaux avec son hachoir dentelé et les ménagères, sac de jute à la main, font sagement la queue en papotant à qui mieux mieux.

-         Marinette qu’il est beau ton bébé !

Marinette croise les doigts derrière son dos, elle a peur des compliments sur son fils.

-         Mais ma fille tu lui as mis le tricot de peau à l’envers !

-         Mais non madame Perrier c’est exprès.

-         Exprès ?

-         Le tricot à l’envers et avec l’épingle à nourrice, un ruban rouge et une médaille de Santa Cruz.

-         Et pourquoi Marinette ?

-         Pour le mal de ojo madame Perrier, je vous expliquerai plus tard, c’est mon tour pour la glace…

Comme vous le savez déjà, c’est aussi ma corvée et une fois servi, je cours vite regarnir la glacière.

Un peu plus tard mais jamais à heure fixe c’est le tour de « l’argo vender »

Ce grand bonhomme sec comme un coup de trique, vêtu d’une immense houppelande, porte sur l’épaule un sac de jute et pousse un vieux landau ou s’entasse un bric à brac de vaisselle en plastique.

Une énorme balafre défigure sa joue droite, ce qui effraye les enfants.

Il s’annonce à pleine voix : » Argo vender, aek chouse à vend, des bouteilles des journaux des choses… »

Lui fait du troc, il échange contre sa vaisselle en plastique tout ce qui se présente et évidement  le marchandage va toujours bon train.

-         Qu’es-ce tu veux pour ce costume madam ? .

-         La cuvette rouge et trois bols

-         Où tu vas, la cuvette rouge et encore tu fais une affaire.

-         Il est tout neuf ce costume !

-         S’il est tout neuf pourquoi tu le gardes pas ??

-         Mon povre mari…..

-         Aller, parc’que c’est toi la bassine et trois bols, choisis la couleur madam.

A chaque passage il fait une halte chez les Rivier et partage le verre de l’amitié. Bien que musulman, il boit à petites goulées le vin rosé bien frais que lui offre Léon.

-Il ne faut pas avoir peur de « l’argo vender » nous a dit monsieur Rivier, cet homme m’a sauvé la vie sur les pentes de Monte Cassino pendant la campagne d’Italie. Je n’avais pas vu la grenade arriver, il s’est jeté sur moi et c’est lui qui a tout ramassé. Maintenant lui et moi c’est à la vie à la mort.

-Vous pouvez nous raconter la guerre ?

-Allez jouer au pitchac, une autre fois.

A midi le travail terminé c’est le retour soit au domicile, soit dans l’un des mille et un bistrots de la ville.

Les ateliers, magasins, bureaux se vident pendant que les cafés, bars et brasseries font le plein. L’heure de l’apèro autour de kémias savoureuses, est sacrée.

La kémia bien relevée donne soif et les tournées d’anisette vont bon train. Le ton monte avec les rasades anisées.

-         Purée la tannée qu’il a mit le SCBA au FCO

-         La tannée, la tannée … tu parles c’était un match pala, Tony sers ma tournée et ramène des escargots s’il te plait.

-         Pala ta sœur… Le FCO c’est des gamates qui jouent comme des chanclas.

-         Gamates ???????? t’as vu la péléa qu’ils ont mis à la Marsa la semaine dernière…Tony de l’eau fraîche por favor.

-         Tu parles la Marsa…les kébiriens ils sont meilleurs pour la pêche à la sardine que pour jouer au Ballon… Tony elle vient cette tournée ?

Les verres défilent bien plus vite que la légion le 14 juillet, le ton monte avec les tournées, tous les clubs de foot sont passés à la moulinette, le lundi les discussions ont pour sujet favori les matchs du dimanche et chaque consommateur défend avec ardeur son club d’élection.

Petit à petit les bistrots se vident car il est temps de regagner le domicile pour se mettre à table.

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 00:00

C’est la partie de pitchac du siècle.

Georges vient d’égaliser, score 19 à 19.

C’est à Robert de jouer, il se saisit du pitchac, lui fait une myriade de bisous et commence à jongler. Intérieur pied droit, intérieur pied gauche, javalette du droit et but…..

Et comme la javalette vaut deux points Robert emporte la partie, il saute comme un derviche tourneur, les bras tendus et les index pointés vers le ciel.

 

            -Oh Robert ! Tu t’es pris pour notre voisin Jean Boiteux quand il a gagné la médaille d’or aux jeux olympiques à Helsinki, hombre ! C’est jamais qu’une partie de pitchac, que leche !!!

 javalette2.jpg

Aquarelle Georges DEVAUX

 

Pris par l’enjeu du match nous n’avons pas vu arriver madame Robolin, elle revient du marché de la rue de la Bastille, avec deux « capassos » pleins jusqu’à la gueule.

-         Purée les copains, il va falloir se taper les quatre étages avec les couffins de la mère Robolin

-         C’est pas grave avec le pourboire on va se payer une bonne crème à la vanille.

Et ça ne manque pas :

-         Bonjour les enfants, rendez-moi un petit service…

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase que ce falso de Robert lui dit :

-         Pas de problème madame, c’est un vrai plaisir…

Madame Robolin est un peu enveloppée, un buste avantageux, c’est sur que quand il pleut elle  ne se mouille pas les pieds. Le tout  posé sur de fines cagnettes et des yeux d’un bleu intense qui lui mangent la figure, aussi les quatre étages c’est pas bon pour son cœur, surtout avec des couffins chargés à mort.

Aussitôt dit aussitôt fait, on s’y met à quatre chacun une anse de panier et nous voilà à l’assaut des  escaliers et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire nous avons avalé les quatre étages et nous attendons sagement devant la porte palière.

Madame Robolin tout en sueur finit par arriver, sa poitrine déjà opulente enfle à chaque battement de cœur :

-         Mille fois merci les enfants, entrez, entrez,  je vais vous servir un bon verre de Judor et moi aussi car j’ai peur d’exploser de chaud.

-         Avancez et installez vous dans mon salon privé judor1

Merci à Georges Vieville pour cette image

 

Georges qui n’en manque pas une :

-         C’est super ça, vous avez un salon privé dans votre appartement privé

-         Vous allez tout comprendre entrez et prenez la peine de vous asseoir

-         Ne vous inquiétez pas madame Robolin, ça nous fait jamais de la peine quand il faut s’asseoir pour déguster un bon Judor   .

Nous avalons nos envies de rire, et pénétrons dans une pièce assez grande mais sans fenêtre et là surprise : les murs sont tapissés de photos de l’actrice Élizabeth Taylor, de vraies photographies sur papier glacé.

-         Purée madame Robolin vous êtes une vraie admiratrice !

-         Une admiratrice ? Vous voulez rire ? Dit madame Robolin pénétrant dans la pièce et déposant sur une table basse un plateau où trônent cinq bouteilles de Judor, cinq verres magnifiquement ciselés et des pailles.

-         C’est vrai qu’on aime bien rire, mais là il faut nous expliquer

-         Regardez-moi bien les enfants ! Je suis Élizabeth Taylor !

Là, heureusement que nous sommes assis, l’envie de rire devient de plus en plus forte et il faut se mordre la langue pour ne pas exploser.

Robert qui arrive à se contenir renchérit :

-         Mais, en attendant mon tour chez le coiffeur, j’ai lu dans l’Écho d’Oran qu’elle tournait un nouveau film.

-         Sornettes que tout cela ce n’est qu’une pale sosie.

Bernard se penche vers moi et me dit à l’oreille :

-         Schkoun ada  sornettes ?

-          Balivernes ça veut dire.

-         Dis-moi une autre comme ça ! Vous vous êtes torchés avec le petit Larousse ou quoi ?

-         Vous savez, dit madame Robolin, la vie à Hollywood était devenue infernale pour

moi, impossible de sortir sans qu’une meute de journalistes se retrouve à mes trousses.

Toujours d’immenses lunettes noires et un  foulard pour cacher mon visage, non ; c’était impossible de continuer ainsi, c’est pourquoi j’ai décidé de me réfugier ici pour retrouver la paix et la tranquillité.

-         Comme vous avez bien fait, madame Robolin, Oran est un vrai paradis pour les stars dit Marcel

-         Que falso, me glisse Robert dans l’oreille.

-         Bon les gars il faut qu’on finisse la partie alors tchoupez vite votre Judor et on y va.

-         Ah ! J’oubliais, dit notre hôtesse, voici cent sous chacun et surtout gardez bien le secret je n’aimerai pas que la chasse à la vedette recommence.

-         A karabi madame Robolin, et on crache pas parterre car votre sol est trop propre.

La réponse de Bernard nous permet enfin de rire sans offusquer notre star, nous avalons le Judor à la six quatre deux et nous levons pour prendre congé.

-         Merci madame pour tout.

-         Merci à vous les enfants et n’oubliez c’est notre secret surtout pas un mot.

-         Une parole est une parole madame, au revoir et à votre service

Nous dévalons l’escalier comme si le diable était à nos trousses, le ramdam fait surgir la concierge qui, balais à la main, nous apostrophe :

-         Alors il faut vous le dire en quelle langue qu’il ne faut pas faire de l’escandale dans cet immeuble, allez fuera ! Et si je vous y reprends vous allez faire connaissance avec mon balai.

Nous sommes enfin dehors et là les commentaires vont bon train :

-         Ouf ! Dit Robert pincez-moi pour voir si je ne suis pas entrain de rêver.

-         Tu rêves pas, amigo, je crois que cette pauvre madame Robolin est bonne pour le pavillon 35.

-         Allez Richard Burton et les autres on va se taper une glace rue de la Bastille avec les cent sous de la star.

Et c’est morts de rire que nous nous dirigeons vers la rue de l’Artillerie un petit coup à droite et bien sur, pour aboutir rue de la Bastille, il faut passer devant le Colisée.

Une immense affiche annonce le film de la semaine : « Une place au soleil » avec devinez qui ? Et oui Elizabeth Taylor et Montgomery Clift.

affiche

-         Purée, dit Marcel, elle nous poursuit la star, peut être qu’elle pourrait nous offrir des places à l’œil.

-         Ça c’est une idée qu’elle est bonne, et d’autres pour son nouveau film : « Une place au pavillon 35 », renchérit Robert.

-         Bon, « Baja d’el carro y anda por pata »

-         Et ça veut dire quoi ?

-         Ça veut dire ne te fais pas des films.

Ce qui engendre de nouveaux éclats de rire et une série de tape cinq.

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 09:11

 

Mon frère

Si t’as pris la valise et parfois le cercueil

Et que tu marches droit malgré tous ces écueils.

Dans les plis du drapeau si t’as séché tes larmes

Et que vaincu mais fier t’as déposé les armes.

Si tu regardes devant sans oublier l’histoire

Et que de tes racines tu gardes la mémoire.

Si la vue d’une orange te transporte vers ailleurs

Ou la vie était douce et pleine de chaleur

Si tous ces morts pour rien hantent encore tes nuits

Et que parfois tu hurles pour pas qu’on les oublie

Si tu penses à tes pères qui traçaient les sillons

Et arrosaient la graine de leur transpiration

Si le soleil a fui mais qu’il est dans tes yeux

Et transforme ta voix en accent merveilleux

Alors redresses toi tu peux en être fier

Maintenant j’en suis sur, t’es un pied noir mon frère

René Mancho 


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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 00:00

Suite
LEXIQUE


Il y a peut être des non initiés qui viendront lire ces pages, il m'a donc paru nécessaire de faire un petit lexique à leur usage.
Les autres ne vont pas être toujours d’accord avec mon interprétation, si c’est le cas qu’ils n’hésitent pas à me le faire savoir.


Et puis s’il y a des mots, des termes, des expressions typiquement oranais que vous souhaiteriez voir dans ce lexique, surtout ne vous gênez pas, je me ferai un plaisir de les incorporer.
Merci d’avance.

 

 

 A Karabi : c'est juré! 


à la pora : à la queue, le dernier


Aouf              : Gratuitement


Aousse moi : léve moi, fais moi la courte echelle.


Agua limon : boisson rafraîchissante a base de citron, sucre, caramel, glace pilée.


Avoir de l'atteint : viser juste

Avoir de l'atteint :

Avoir de l'atteint :

Azco : Dégout


Baja del carro y anda por pata :
Litteralement "descend du chariot et marche à pieds"; arretes de rêver


Banda cabrones : bande de cocus


Bamba
: Un peu bête, long à la détente


Baroufa : bataille rangée, grande bagarre.

 

Basulero : éboueur


Besugo : si c’est un poisson c’est une espèce de daurade ; si c’est un humain c’est quelqu’un de bête, de pas très futé.

Besugo :


Bouyouyou : surnom du petit train qui reliait Oran à Hammam Bouhadjar, l'onomatopée rapelle le bruit qu'il faisait

 

Botcha :un coup; une gifle

 

Cabassette : panier en alfa tréssé pour le pic nique 

 

Cagaillon : étron, merde. 

 
Cagnettes : Jambes maigres 


Cabron : cocu


Cahuete : rapporteur, traître


Caldico no te canses : Soupe à la va vite, sans se fatiguer.Soupe toute préte il n'y a que l'eau à ajouter


Calentica : flan de farine de poix chiches.


Campico : petit champ; terrain d'aventure.


Capuson : plongeon


Cara tchumbo : Qui a une tête en forme de figue de barbarie (insulte entre
gamins)

 

Chapurrao : parler oranais (des espagnolades pas toujours très castillanes)

 

Chocho : sexe féminin mais aussi synonime de tramuso (lupin)



Choreta : un petit peu, une pincée.

 

Choreta :

Chouf : Regarde


Couter le gusto y la gana : valoir trés cher.


Créponé : glace à base de citron, eau de fleur d'oranger, blanc d'oeuf monté en neige et sucre.


Curandera : guérisseuse

 

Detras de cabron a la prision :on pourait traduire par "cocu, battu, content"


Dios mio que peste : mon Dieu quelle puanteur


Enchiso : un sort, un envoutement.

 

Escandale : Scandale (les oranais d'origines espagnoles avient tendance a ajouter un "e" devant les mots commençant par "s" ex: un estylo, une estatue etc...).


Esta echo polvo : elle est reduite en poussière


Estropajo : Alfa, le tampon jex du pauvre, pour récurer la vaisselle


Faire cabessica : Passer discrètement la tête pour espionner.


Falso : faux jeton ; fourbe; parfois : roublard

 

Fuera : dehors

 

Gacha : collant  ex : les pâtes sont gachas 


Gandul : fénéant


Gorro : béret

 

Hachma : honte


Higo de pala : synonyme de tchumbo, figue de barbarie


Hijo de puta : fils de pute


Hijo mio : mon fils et souvent mon fils le pôvre...ou "que lastima de mi hijo"

 

Hombre : littéralement "homme" mais souvent ponctue une phrase pour lui donner plus de poids.Il faut prononcer "hombré".


Jaillullo :  Racaille, personne n’ayant pas d’éducation, ordinaire. Quand il s’agit un groupe de jaillullos cela devient de la Gentussa.


Javalette : Au pitchac il y avait deux manières de faire la javalette

                 a) tir avec l'exterieur du pied

                         b) tir avec l'interieur du pied, le pied passant derrière la jambe d'appui 

 

Jolata : Ferraille

Kémia : Amuses gueule que les patrons de bistrots offres pour accompagner l'apéro


Kif-kif : pareil


Qué azco : quel dégout ou pour faire plus oranais quelle dégoutation!


Ladron, ladrona : voleur, voleuse


Lagañoso : chassieux, qui a les paupières collées par le chassie (lagagne en oranais) ce liquide jaune visqueux.


Lavativa : lavement


Longanisse : fine saucisse de viande de porc finement hachée ou domine le piment rouge qui lui donne sa couleur ; existe piquante ou douce.


Mal de hojo : mauvais oeuil


Mantecaos : gâteaux faits avec du saindoux, de la farine, du sucre etc.. Indispensables pour les fêtes de Noël et du jour de l'an.

 

Margaillon : palmier nain dont les feuilles servaient à tresser des paniers ou des tapis

                    et dont on mangeait le coeur.

                    Mais aussi une merde ou un cagaillon

 

Match pala : match truqué


Me cago la leche : Certains diraient "putain de merde!"


Medio loco : Moitié fou

Mocoso : morveux


Mognato ou moñato : Patate douce

Mona : brioche de Paques

Monecillo : enfant de coeur.


Morcillicas : ou morcillas : petit boudins à l’oignon vendus en chapelet.


Morenita     : brunette


Mortero : mortier pour piler l'aïl entre autres.


Muerta : morte


Pachora : culot


Péléa : dispute


Pignol : noyau d'abricot.


Pitcha : Zizi, sexe masculin


Platico : capsule de limonade, lestée avec de la bougie ou du goudron pour jouer au tour de France


Pora : voir " à la pora"


Potagé : plat typique oranais avec des morcillicas, du lard, haricots secs, des blettes, du navet de la courge etc…chaque oranais a sa touche personnelle pour ce plat.


Potagé viudo : le même mais sans viande, le potagé du pauvre.

Viudo = veuf.

 

Puñeta, pougnette : Encore un mot mis à toutes les sauces

Purée!, Putain, rien,

ex: va à la grande pougnette : fous moi le camp!

       Puñeta que calor : putain qu'elle chaleur

 

Puñetaso ou pugnetaso : violent coup de poing

 
Qué patchora : quel culot.

Rachma ou Hachma ( le H en arabe se prononce comme la "jota" espagnole) : honte

 


Rempujon : grosse poussée, souvent dans le dos.


Roais tché ou Joais : purée vas! constament employé roais tché se met à toutes les sauces.


Rognoso ou Roñoso : Sale, crasseux

Santico : petit saint ;à qui on donnerai le bon dieu sans confession et pourtant….


Saragata : Grosse histoire, une embrouille.


Sarnatcho : panier tressé en alfa pour les affaires de pêche.

 

Schkoun ada ? : qu'est-ce que 'est ?

 

Se van morir tres burros : incroyable, c'est pas possible, qu'est-ce qui t'arrive?

litteralement : trois anes vont mourrir 


Sofoco : honte


Taillos : Beignet cuit d’une seule pièce dont la longueur dépend de la contenance de la poêle à frire. Il est débité ensuite en morceaux de quinze à vingt centimètres : les taillos


Tarambana : écervelé ; synonime de médio loco


Tartana : vieille voiture, tacot


Tchaffé : écrasé, aplatit
.


Tchalé : Amoureux fou; synonyme : Tchalao


Tchamba : Chance ; on disait aussi que tchambona : Quelle chance !


Tchancla: mauvaise chaussure, espadrille


Tchanclero : mauvais joueur


Tchumbo : figue de barbarie

 

Tchupar : sucer, lécher


Terremoto : tremblement de terre


Tonterilla : bêtise


Tonto : bête, idiot ; suivant le ton employé le sens n’est pas toujours identique tonto est parfois affectueux.


Torraïcos : pois chiches grillés


Tramposo : tricheur, trompeur


Tramuso : Lupins, se mangent en kémia, appellé aussi "chocho"
 

 

Tranquico : Seuil de porte

 

Trasto : objet qui sert à rien

 

         

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